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Lettre à mon fils

L’aîné

Mon garçon, mon si grand garçon… je sais combien être le premier né de la famille peut être difficile à porter…

On croit souvent, à tort, que l’aîné a des privilèges, ou est plus aimé que les autres, le préféré de maman ou papa…

Peur de mal faire, peur de faire mal…

Rien de plus faux : c’est la culpabilité qui fait qu’on semble pardonner ou accepter plus facilement les travers de cet enfant, parce qu’il a dû subir malgré lui, les essais et erreurs de parents sans expérience et un peu maladroits! Dans mon cas, j’étais une maman remplit de peurs : peur de toi, peur d’être incompétente, peur d’être jugée, peur de tout!

Tout l’monde semblait savoir mieux que moi ce qui était bon pour mon bébé : ben voyons! Couche-le pas sur le dos, ben non! Pas sur le ventre! Pas sur le côté non plus il va avoir la tête déformé! Coudonc voulez-vous que je l’accroche à son mobile?!!

Regrets

Je revois encore ta petite tête blonde, tes grands yeux bleus et tes deux belles grosses joues roses.

Tellement sage, doux et gentil… si raisonnable. Avoir le pouvoir de retourner en arrière, je te lirais plus souvent des histoires, j’accepterais de jouer à des jeux de société (même si je les déteste), on ferait des bricolages, j’en trouverais du temps, crois-moi!

Vers l’âge de 13 ans , tu as manifesté le désir d’apprendre à jouer du piano, et tu as cherché et trouvé, par tes propres moyens, un professeur privé… Tu vois, si j’avais su et compris ton talent, je t’aurais inscrit moi-même, dès l’âge de 7 ans… un autre regret!

Et dire que je me suis tant laisser bercer par Chopin et ses nocturnes pendant que je te portais …

Je sais ce que tu vas me dire «c’est pas grave maman » parce que t’es fin comme ça toi : tu pardonnes pour éviter que les autres en souffrent…

Résilience

Je connais ta grande sensibilité, mais je sais aussi à quel point tu es solide; malgré les chagrins, les épreuves, tu te relève toujours, sans te laisser abattre, jamais…

Tu écoute les autres, tu leur manifeste de l’intérêt et ne parle jamais pour ne rien dire, ta simple présence a le pouvoir de calmer et d’apaiser.

Je voulais faire de toi un homme bon et honnête, mais je crois qu’à ta naissance, tu avais déjà des prédispositions naturelles pour la bonté, abritant une âme bienveillante et généreuse, je n’ai aucun mérite au fond.

Bientôt je serai vieille

Un jour je serai une vielle dame, qui cherchera ses mots, qui perdra trop souvent ses idées et qui radotera des histoires plates du temps d’avant… je te demande aujourd’hui mon garçon, d’être patient et indulgent envers moi, mais surtout, garde moi une bonne portion de tendresse et d’amour, même si je n’ai pas toujours été à la hauteur et que j’ai fais quelques erreurs, tu es et a toujours été dans mes pensées, tu as laissé une trace sur mon âme, qui me suivra au-delà du ciel et de la terre.

Manon 💙

– L’important ce n’est pas ce qu’on est à la naissance, mais la façon dont on grandit par la suite.

Albus Dumbledore –

Harry Potter et la coupe de feu.